Dites NON à la violence contre les femmes en temps de guerre !

C’est le nom de la dernière campagne de l’UNIFEM, le Fonds de Développement des Nations Unies pour les Femmes.

Si les femmes participent rarement aux combats en temps de guerre, ce sont elles qui souffrent souvent le plus des conflits. De plus en plus, elles sont la cible directe des combats, la violence sexuelle étant délibérément utilisée comme tactique de guerre.  

Enfants africains
Et pourtant, moins de 10% des personnes qui négocient les accords de paix sont des femmes, et seulement une trentaine d’individus ont été reconnus coupables et emprisonnés par des tribunaux internationaux chargés de juger les crimes de guerre pour avoir commis ou commandité des actes de violences sexuelles généralisés.

La violence sexuelle en temps de guerre n’est PAS inéluctable. Elle peut être arrêtée.

Il y a dix ans, aux termes de son historique résolution 1325, le Conseil de sécurité des Nations Unies a appelé à la pleine participation des femmes, sur un pied d’égalité, à toutes les étapes de l’établissement de la paix, et à la prévention de ce type de violence. Mais l’application de cette résolution historique a été trop lente.

Signez la pétition pour que cesse la violence faite aux femmes et aux enfants en temps de guerre !

Vous trouverez cette pétition en cliquant sur ce lien.

Merci d’avance.

Les Dix Commandements du Cavaliere

Berlusconi est-il le grand prêtre d’une nouvelle religion ? 

Ou peut-être, se prend-t-il carrément pour Dieu ? On pourrait le croire en voyant la vidéo qui suit.  Dix commandements qui tranchent radicalement avec le Décalogue tel que nous le connaissions…

Cliquez sur la photo pour accéder à la video et choisissez le sous-titrage en français…

Silvio Berlusconi - 2010

La politique sarkozienne : l’héritière d’un racisme d’Etat ?

La politique de Sarkozy est-elle héritée de Vichy et de la collaboration avec l’Allemagne nazie ?

Méfions-nous des amalgames, comme Henry Rousso, nous y invitait dans un article à propos des dénaturalisations, paru sur Médiapart, il y a quelques semaines.

Sur son blog Voix du Sud,  également sur Médiapart, l’historien Benjamin Stora présente une histoire méconnue du racisme institutionnalisé.  Celle des Algériens immigrés en France pendant les années 30  du siècle dernier.  Ceux-ci étaient déjà l’objet d’un racisme insituté en politique.

Et que penser de la manifestation du 17 octobre 1961, brutalement réprimée par les policiers français sous les ordres d’un certain Maurice Papon ?

Je crois qu’il faut se méfier des évidences.  Taxer Sarkozy et son gouvernement de fascisme ou de nazisme ne nous aide en rien à les comprendre et à lutter contre la banalisation du mal qui s’installe de manière rampante en Europe.

Oui, ils sont les héritiers d’une certaine droite, d’une certaine tradition française qui, de Maurras à Sarkozy en passant par Barres et quelques autres, a toujours préféré le repli frileux au progrès, l’anathème à l’ouverture devant l’apport des immigrés, pourtant appelés à grand renfort de promesses lorsque le besoin de main d’oeuvre se fait sentir.

Mais s’ils sont les héritiers d’une longue tradition, Sarkozy et les siens sont aussi des hommes de leur temps : un temps des médias, d’Internet et des nouvelles technologies au service de la répression.

Ne s’attarder que sur la tradition nous condamnerait à ne pas les comprendre, à nous laisser surprendre par des stratégies inédites.  Leur coller des étiquettes de fascistes ou de nazis, ne servirait qu’à masquer ce qui fait leur spécificité dans cette Europe de nouveau attirée par les sirènes dangereuses du populisme.

Les 99 : quand les super-héros parlent positivement de l’Islam

Dans un billet précédent, j’ai publié une conférence de Shereen El Feki sur la façon dont les cultures islamiques s’approprient des éléments culturels occidentaux pour mieux les réinventer.  Dans cette vidée, Shereen El Feki mentionnait Les 99, un groupe de super-héros inspiré des valeurs musulmanes.

Aujourd’hui, c’est le Dr Naif Al-Mutawa lui-même qui est l’invité d’une nouvelle conférence TED dans laquelle il nous parle de sa création. 

Dans cette conférence amusante et passionnante, le Dr Al-Mutawa nous montre combien les super-héros américains ont été inspirés par des mythes et des valeurs bibliques, des archétypes chrétiens en résonnance avec les valeurs positives de la société américaine.

Il a créé les 99 avec le même type d’idée en tête.  En fait, les super-héros incarnent les 99 attributs de Dieu, Allah : générosité, miséricorde, etc.  Cela donne par exemple : Jabbar, le Puissant ; Noora, la Lumière; Jami, le Rassembleur ; Widad, l’Aimant;  etc.  Jusqu’ici, les 99 personnages n’ont pas encore été entièrement dévoilés.  Chacun des 99 vit dans un pays différent ce qui fait de la série une sorte d’histoire universelle.

Un autre lien avec la culture occidentale, est les recrues que le Dr Al-Mutawa a enrôlé dans son projet : ce sont tous des artistes reconnus dans le domaine de la bande dessinée.  On y trouve ainsi Fabian Nicieza, scénariste des X-Men et des Power Rangers ; Dan Panosian, créateur de personnages pour les X-Men ; Stuart Moore, surtout connu comme scénariste d’Iron Man; June Brigman, illustrateur de StarWars et Supergirl; Ron Wagner,  illustrateur de  Batman et DareDevil; et, last but not least, John Mc Crea,  qui fut le coloriste des derniers Spiderman…  Pas étonnant que le dessin soit si familier pour les lecteurs des séries de superhéros !

 Ce qui est fascinant dans cette série, c’est la combinaison d’éléments culturels différents : les personnages sont les attributs d’Allah, mais les pierres Noor (Lumière, en arabe) sont celles qui vous choisissent et non pas le contraire, ce qui forme l’élément arthurien (du roi Arthur, choisi par l’épée magique) de l’histoire.  Le médium lui-même, la BD, est une forme d’art occidentale et les artistes choisis sont presque tous d’origine occidentale.  Si les valeurs véhiculées par la série sont inspirées par l’Islam, elles sont en fait universelles : générosité, connaissance, tolérance, liberté.  Qui, sur terre, renierait de telles valeurs (à part peut-être quelques extrêmistes, que l’on peut trouver partout, dans quelque société que ce soit).

 Un des lecteurs inattendus des 99 est le Président Obama qui louait l’importance de ces personnages dans la diffusion de la tolérance et de l’ouverture d’esprit.  Il dit à propos des 99, en tant que réponse à son discours du Caire à destination du monde arabe : « Je dois dire que, peut-être, la réponse la plus innovante est celle du Dr Naif Al-Mutawa, du Koweit […] Ses BD ont captivé l’imagination de nombreux jeunes avec des superhéros qui incarnent l’enseignement de la tolérance de l’Islam. »

 Les 99 sont à présent une série de dessins animés de 26 épisodes ainsi qu’un parc à thème : le Koweit a ouvert il y a environ un an et demi le 99 Village Theme Park.

Mais, pour le Dr Al-Mutawa, l’important ne réside pas dans ces succès d’édition.  En tant que responsable d’un programme de formation pour les survivants de torture politique à l’Hôpital Bellevue (New York), il sait ce que signifie l’intolérance.  Et pour lui, c’est la diffusion d’éléments positifs sur l’Islam et la compréhension entre les cultures qui importe.

Vous pouvez télécharger votre exemplaire gratuit du premier épisode des 99 (en anglais) en cliquant simplement ici.

 

 

 

En passant

Mon petit doigt avait bien raison de croire que la saga WikiLeaks était loin d’être terminée puisqu’aujourd’hui, outre le Pentagone et les autorités américaines, d’autres voix s’élèvent contre le site et en particulier, contre Julian Assange. 

Selon le site de l’hebdomadaire Time, un groupe d’associations de défense des droits de l’homme vient d’envoyer une lettre au porte-parole du site, lui reprochant d’avoir dévoilé le nom de milliers de civils afghans ce qui les mettrait en danger de représailles de la part des Talibans.  Ce groupe comprend l’Afghan Independant Human Rights Commission, The Campaign for Innocent Victims in Conflict, l’Open Society Institute (la fondation du milliardaire américain d’origine hongroise, George Soros)  et l’International Crisis Group.

Amnesty International qui avait attribué en 2009 un prix de défense des droits de l’homme à WikiLeaks a pris contact avec les responsables du site concernant cette problématique, mais la porte-parole de l’association, Suzanna Flood n’a pas dévoilé si Amnesty prendrait part à une action de censure avec le site.

D’autres attaques viennent notamment de blogueurs qui accusent Julian Assange d’avoir exercé un chantage auprès de ces associations, réclamant une  « rançon » de 700.000 dollars en échange de la censure…  Mais ces « informations » me semblent peu compatibles avec la philosophie de WikiLeaks.

Info de dernière minute

Julian Assange, depuis Stockholm où il participe à un séminaire, annonce que WikiLeaks publiera les 15.000 documents concernant la guerre en Afghanistan comme annoncé, malgré les mises en garde du Pentagone.

Afin de protéger les personnes les plus menacées de représailles, leurs noms seront masqués.

A suivre, donc…

Seminaire Projet Safety Net à Kuala Lumpur : amusant et instructif

Amusant et instructif : ce sont les deux mots qui reviennent le plus fréquemment dans les feedbacks donnés par les participants à notre séminaire « Projet Safety Net » de Kuala Lumpur ce 5 août 2010.

Lors du séminaire lui-même, certains participants ont appelé le projet un « eye-opener », littéralement, un « projet qui ouvre les yeux ».  Nous sommes vraiment honorés d’être perçus comme tels…

Mais de quoi s’agit-il ?

Avant même de créer la Fondation Lingua Franca, nous étions préoccupés par le sort de certaines femmes asiatiques que nous voyions autour de nous, aux Pays-Bas, et qui se trouvaient dans des situations désespérées.  Certaines d’entre elles divorçaient dans des circonstances souvent dramatiques et, le plus souvent, dans des conditions de violence extrême.

Nous avons donc décidé de créer un project spécifique pour venir en aide à ces femmes : le Projet Safety Net. (Plus de détails à propos de ce projet sur la Page Projet Safety Net).

Ce projet est multidimensionnel et comprend les champs d’intervention suivants :

  1. Prévention
  2. Coaching, formation et construction de réseaux
  3. Aide et autonomisation (empowerment)
  4. Formation et information des intervenants dans les pays d’accueil
  5. Partenariat

Ce séminaire avait pour but de contribuer à la prévention en informant les autorités locales et les ONG, mais aussi d’établir de nouveaux partenariats.

 Nous n’aurions pu réaliser la moitié de tout cela sans l’aide précieuse de notre partenaire en Malaisie, l’Hôtel Abadi de Melaka.  Nous sommes donc profondément reconnaissant à toutes ces personnes extraordinaires qui ont fait de ce séminaire une brillante réussite.

Si vous avez manqué ce séminaire, voici ce que nous y avons fait :

Tout d’abord, une introduction au programme du jour :

Ensuite, Suzi a pris le relais en présentant la Fondation Lingua Franca et le Projet Safety Net lui-même. (Cliquez sur l’image pour accéder à la présentation Prezi).

 

J’ai pris la suite avec une courte mais ennuyeuse (je vous avais prévenus, n’est-ce pas ?) présentation de l’Union Européenne et de ses institutions :

Après cela, j’ai repassé la parole à Suzi qui a présenté la première partie de ce PowerPoint sur Emigrer en Europe (Moving to Europe) : elle expliqua les règles européennes en matière de relation et de mariage.  Tout le monde avait besoin d’une pause après cette matinée de travail intense et nous avons tous apprécié la délicieuse cuisine malaisienne servie dans le restaurant de l’hôtel avant que je ne poursuive la présentation sur les aspect travail et création d’entreprise en Europe.

Le jeu-cadre : apprendre en s’amusant !

Après plus d’une demi-journée de conférences, nous avions tous besoin de bouger.  La célèbre (et infâme) maladie du SEAD (syndrome d’endormissement après déjeuner) nous menaçait tous et nous avons donc commencé le jeu-cadre : Let’s Net Together ! (Qu’on peut traduire par « pêchons tous ensemble ».  En anglais, il y a évidemment un jeu de mot avec le nom du projet : Safety Net, qui signifie « filet de sécurité »).

 Ce jeu est une adaptation personnelle d’un jeu-cadre de Thiagi.  Nous commençons par distribuer 4 cartes à chaque participant.  Et nous leur demandons ensuite d’écrire sur chacune des cartes un exemple de ce que pourraient répondre les gens à la question : que peut m’apporter un projet comme Safety Net ?

 L’objectif était de recueillir les idées du groupe afin d’élargir notre vision sur le projet, sur ce que les gens en attendent et comment nous pouvons le réajuster pour qu’il réponde au mieux à leurs besoins.

 Nous avons ensuite repris toutes les cartes et nous les avons mélangées.  Nous avons rendu à chacun des participants, deux cartes au hasard.  S’ils n’aimaient pas ces cartes, ils pouvaient les échanger avec celles qui restaient sur une table au centre du jeu.

Puis, les participants pouvaient échanger leurs cartes avec les autres participants : autant de cartes qu’ils le souhaitaient, mais une pour une et ils devaient toujuors avoir deux cartes à la fin de l’échange.

Nous leur avons ensuite demandé de lire les cartes des autres participants et de former des groupes relativement homogènes, de personnes qui avaient grosso modo les mêmes opinions sur leurs cartes.  Trois groupes se sont formés à l’issue de cette opération et de tailles très différentes puisqu’elles vont de deux à dix personnes par groupe !

Nous avons alors suggéré aux groupes de choisir leurs cartes favorites : trois pour chaque groupe.  Lorsque cette sélection a été terminée, nous leur avons demandé de préparer une présentation de leur choix devant l’ensemble des participants.  Mais… Il y avait quelques règles particulières à respecter :

  1. Pas de lettres et par conséquent pas de mots
  2. Pas de chiffres et le moins possible de symboles mathématiques ou autres

 Ils pouvaient donc :

  • Dessiner
  • Mimer
  • Chanter (mais sans les paroles)
  • Imiter le bruit des objets ou des êtres qu’ils voulaient représenter

Après les quelques minutes d’hésitation habituelles dans ce genre d’exercice, les groupes se sont mis joyeusement au travail.  Nous avons eu de tout : du dessin, du chant (différents hymnes nationaux), du mime, du bruitage (avions au décollage et à l’aterrissage, etc.)…

 Et nous avons reçu des réponses à nos questions : oui, le Projet Safety Net est intéressant, c’est un « eye-opener », il peut donner une information pertinente, il peut faciliter la vie des gens qui déménagent à l’étranger, etc.

Mais il pourrait aussi aider les étudiants qui étudient à l’étranger, il pourrait prévoir des séminaires spécifiques à destination de publics plus ciblés, etc.

Nous avons distribué un formulaire aux participants.  Nous leur demandions, à titre personnel, cette fois, de nous dire ce qu’ils attendaient d’un projet comme Safety Net, comment ils pourraient contribuer à un tel projet et quelles remarques et suggestions ils pouvaient nous faire.  Nous avons reçu plus que nous attendions.  Mais c’est une autre histoire que j’écrirai bientôt ici…

Nous avons terminé la journée en remerciant les participants pour leur « very good job » et en les menaçant : vous croyez être débarrassés de nous, mais nous pourrions bien être de retour avant la fin de l’année pour une nouvelle conférence…

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Shereen El Feki:quand l’Islam réinvente la modernité

A rebours de Samuel Huntington et de son « Choc des Civilisations » qui nous promet une guerre généralisée entre des civilisations réduites aux oppositions culturelles et religieuses, Shereen El Feki nous montre, très simplement mais de façon très convaincante, comment l’Islam, depuis les origines, s’approprie et réinvente les artefacts en provenance d’autres cultures.

De la poupée Barbie aux « 99 » – les superhéros de l’Islam – en passant par l’industrie du vidéoclip, les symboles les plus représentatifs de l’Occident sont « recyclés » et intégrés dans la culture locale.

La mondialisation n’est pas qu’une vaste standardisation des marchandises et des esprits : c’est une dynamique d’échanges et d’appropriations.  Avec, bien entendu, des jeux de pouvoir et de rapports de forces, qui le nierait ?

Mais n’est-ce pas le fonctionnement des cultures depuis les origines ?  Seule la vitesse des moyens de communication a démultiplié ces échanges…

Ces modes d’appropriations, ce sont les mêmes que ceux qui jouent lorsque les jeunes Turcs et Marocains mangent dans des fastfood Halal à Bruxelles ou dans la banlieue parisienne : c’est l’affirmation d’une tradition religieuse qui fait sens dans un univers désacralisé, tout en se connectant sur une modernité mondialisée, mais pliée, adaptée à une émotion religieuse pluriséculaire.  Et la boucle est bouclée.

L’identité n’est pas un object figé, condamné à l’immobilisme éternel d’une tradition étriqueée : c’est une construction, à l’intersection du social et de l’intime, et qui évolue dans le temps et dans l’espace.

Moitié Galloise, moitié Egyptienne, Shereen El Feki est la co-fondatrice du site Meedan, site multilingue d’échanges entre Occident et monde arabe.  Ce site utilise une technologie de traduction innovante, machine translation, qui facilite les échanges malgré la barrière des langues.